La question revient systématiquement : quand on loue un camion ou un fourgon équipé d’un hayon élévateur, qui est responsable de quoi ? Le loueur doit-il fournir un hayon avec une VGP à jour ? Le locataire doit-il vérifier l’état du hayon avant de l’utiliser ? Et si un accident survient — qui paie ?
Les réponses varient selon le type de location (courte durée, longue durée, avec ou sans chauffeur), les clauses du contrat, et surtout selon ce que dit le Code du travail — qui ne s’intéresse pas à qui possède le véhicule, mais à qui l’utilise.
Ce guide fait le point sur les obligations de chacun, contrat par contrat, texte par texte.
Le principe de base : c’est l’utilisateur qui est responsable
En matière de sécurité au travail, le Code du travail est clair : c’est le chef d’établissement utilisateur qui porte la responsabilité de s’assurer que les équipements de travail utilisés par ses salariés sont conformes et en bon état. Cette obligation ne disparaît pas parce que le véhicule est loué plutôt que détenu en propre.
L’article R.4323-23 du Code du travail impose à l’employeur de procéder aux vérifications nécessaires pour déceler toute détérioration susceptible de créer un danger. Cela s’applique à tous les appareils de levage utilisés dans l’entreprise — y compris ceux qui sont loués.
En pratique, cela signifie que même si le loueur a l’obligation de fournir un véhicule en bon état, le locataire ne peut pas se contenter de faire confiance aveuglément. Il a un devoir de vérification.
Location courte durée sans chauffeur
C’est le cas le plus courant : vous louez un fourgon ou un porteur avec hayon pour quelques jours ou quelques semaines auprès d’un loueur professionnel (type Fraikin, Petit Forestier, TIP, Europcar Utilitaires, etc.).
Les obligations du loueur
Le loueur doit mettre à disposition un véhicule en bon état de marche, conforme aux réglementations en vigueur. Concrètement, cela implique que le hayon élévateur doit avoir une VGP à jour (moins de 6 mois), que le carnet de maintenance doit être tenu, et que les éventuels défauts signalés lors de la dernière VGP doivent avoir été corrigés.
Le loueur est également responsable de l’entretien courant et des grosses réparations sur le hayon pendant la durée de la location — c’est une obligation qui découle du droit commun de la location (le bailleur doit fournir un bien en état de servir à l’usage prévu).
Les obligations du locataire
Le locataire doit vérifier l’état du hayon et la validité de la VGP avant la première utilisation. Concrètement, cela signifie :
Demander à voir le rapport de VGP. Vérifiez la date : la dernière VGP doit dater de moins de 6 mois. Si elle est périmée, n’utilisez pas le hayon et signalez-le au loueur. La réglementation ne prévoit aucune exception pour les véhicules de location.
Vérifier que le registre de sécurité est accessible. Le rapport de VGP et le carnet de maintenance doivent être disponibles dans le véhicule — ou à défaut, communiqués par le loueur. Le chauffeur doit pouvoir contrôler que la VGP est à jour avant chaque prise de poste.
Effectuer un contrôle visuel du hayon avant utilisation. Un rapide tour du hayon permet de détecter les anomalies évidentes : fuite d’huile, soufflet déchiré, flexible endommagé, plateforme déformée. Si vous constatez un défaut, signalez-le par écrit au loueur et ne l’utilisez pas.
Signaler tout incident ou dysfonctionnement survenu pendant la location. Si le hayon tombe en panne ou présente un comportement anormal, informez le loueur immédiatement — et notez-le sur le contrat de restitution.
Point clé : Le locataire n’a pas l’obligation d’effectuer la vérification de mise en service du hayon — cette obligation incombe au loueur, qui a fait monter et mettre en service le hayon. Mais le locataire doit s’assurer que cette vérification a bien été réalisée.
En cas de dommages causés par le hayon
La plupart des contrats de location courte durée prévoient que le loueur décline toute responsabilité pour les dommages causés lors du chargement ou du déchargement, y compris les dommages causés par le hayon élévateur. Le locataire est généralement considéré comme responsable de l’utilisation qu’il fait du hayon pendant la durée de la location.
Si un accident corporel survient à cause d’un défaut du hayon qui existait avant la location (vice caché), la responsabilité peut se retourner vers le loueur — mais c’est au locataire (ou à la victime) de prouver ce vice. D’où l’importance de l’état des lieux au départ et de la vérification de la VGP.
Location longue durée (LLD / full service)
En location longue durée, le contrat organise généralement de manière plus détaillée la répartition des responsabilités. Les formules « full service » incluent souvent l’entretien et les VGP — mais pas toujours.
Ce qu’il faut vérifier dans le contrat
Qui réalise les VGP ? Dans certains contrats, le loueur prend en charge la planification et la réalisation des VGP semestrielles. Dans d’autres, c’est au locataire de les organiser et de les financer. Selon certaines conditions générales de location de matériel de levage, le locataire peut être désigné comme responsable des VGP conformément à l’arrêté du 1er mars 2004.
Qui assure la maintenance du hayon ? L’entretien courant (graissage, vidange d’huile, remplacement de consommables) peut être inclus dans le forfait de location ou laissé à la charge du locataire. Vérifiez ce point explicitement — un hayon dont l’entretien « tombe entre deux chaises » est un hayon qui finira par lâcher.
Qui paie les réparations ? Les grosses réparations (remplacement de vérin, de pompe, de groupe hydraulique) sont généralement à la charge du loueur en LLD. Les petites réparations consécutives à un défaut d’entretien imputable au locataire peuvent être refacturées.
Conseil pratique : Si votre contrat de LLD ne mentionne pas explicitement le hayon élévateur et ses obligations d’entretien et de VGP, demandez un avenant. Le flou contractuel ne profite à personne — surtout le jour où un problème survient.
Location avec chauffeur
La location de véhicule industriel avec chauffeur est encadrée par un contrat type prévu par le Code des transports. Ce contrat distingue clairement les opérations de conduite (responsabilité du loueur) et les opérations de transport (responsabilité du locataire).
Selon ce contrat type, la mise en œuvre et la surveillance des équipements spéciaux du véhicule — dont le hayon élévateur — font partie des opérations de conduite. Cela signifie que c’est le conducteur mis à disposition par le loueur (et donc le loueur lui-même) qui est responsable de la manipulation du hayon.
Le conducteur, toujours salarié du loueur, ne met en œuvre le hayon que sur autorisation du locataire. Mais c’est bien le loueur qui assume la responsabilité de l’état du hayon, de son entretien, de sa VGP, et de sa bonne utilisation par son propre salarié.
En contrepartie, le locataire est responsable des opérations de transport — chargement, arrimage, choix des itinéraires. Si une surcharge endommage le hayon parce que le locataire a demandé de charger au-delà de la capacité nominale, la responsabilité pourra lui être imputée.
Achat d’un véhicule d’occasion avec hayon
Ce n’est pas de la location, mais la question revient souvent dans le même contexte. Quand vous achetez un véhicule d’occasion équipé d’un hayon élévateur, la responsabilité bascule intégralement sur vous dès la vente.
Avant l’achat : exigez les rapports des dernières VGP, le carnet de maintenance, la notice constructeur et la déclaration de conformité du hayon. Un vendeur qui ne peut pas fournir ces documents vend un hayon dont la traçabilité est rompue — ce qui expose l’acheteur à une mise en conformité coûteuse.
Après l’achat : si le hayon n’a pas de VGP en cours de validité, vous devez en faire réaliser une (vérification de remise en service) avant toute utilisation. Si des modifications ont été apportées au hayon sans traçabilité, une vérification de mise en service complète (incluant épreuves statique et dynamique) peut être exigée.
Les erreurs les plus fréquentes
Après des années de terrain, voici les situations qui reviennent le plus souvent — et qui coûtent cher :
« Le loueur m’a dit que la VGP était à jour. » Une affirmation orale ne vaut rien en cas de contrôle de l’inspection du travail ou d’accident. Exigez le rapport écrit, vérifiez la date, et conservez une copie.
« On l’utilise seulement de temps en temps, pas besoin de VGP. » La périodicité de la VGP est de 6 mois, quelle que soit la fréquence d’utilisation. Un hayon qui sert une fois par mois est soumis aux mêmes obligations qu’un hayon qui sert tous les jours.
« C’est un véhicule de location, ce n’est pas mon problème. » En cas d’accident du travail impliquant un hayon défaillant, l’inspection du travail interrogera l’employeur du salarié blessé — c’est-à-dire le locataire. Si celui-ci n’a pas vérifié la VGP et l’état du hayon, sa responsabilité pénale sera engagée, même si le hayon appartient au loueur.
« Le contrat de location ne parle pas du hayon. » L’absence de mention du hayon dans le contrat ne fait pas disparaître les obligations réglementaires. Le Code du travail s’applique indépendamment du contrat commercial.
Récapitulatif des responsabilités
Location courte durée sans chauffeur :
Loueur → fournit un véhicule conforme, VGP à jour, entretien et grosses réparations.
Locataire → vérifie la VGP, contrôle visuel avant utilisation, signale tout dysfonctionnement, utilise le hayon conformément aux prescriptions.
Location longue durée :
Selon le contrat → vérifiez qui est responsable des VGP, de la maintenance et des réparations. En l’absence de clause, les obligations du Code du travail s’imposent au chef d’établissement utilisateur (le locataire).
Location avec chauffeur :
Loueur → responsable de l’état du hayon, de sa VGP, de sa manipulation par son salarié.
Locataire → responsable des opérations de transport (chargement, respect de la capacité nominale).
Achat d’occasion :
Acheteur → responsable de tout dès la vente. Exigez les documents avant d’acheter.
Les documents à exiger avant toute prise en charge
Que vous louiez pour un jour ou pour trois ans, voici la liste des documents à demander au loueur :
☐ Rapport de la dernière VGP (daté de moins de 6 mois)
☐ Carnet de maintenance du hayon à jour
☐ Notice constructeur du hayon (type, numéro de série, capacité nominale)
☐ Déclaration de conformité / certificat de montage
☐ Attestation d’assurance couvrant le hayon élévateur
Si l’un de ces documents manque, posez la question par écrit au loueur. Sa réponse (ou son absence de réponse) constitue un élément de preuve en cas de litige ultérieur.
Top Hayon : un partenaire pour loueurs et locataires
Que vous soyez loueur de véhicules industriels ou entreprise locataire, Top Hayon vous fournit les pièces détachées nécessaires à l’entretien et à la remise en conformité de vos hayons — Dhollandia, Bär Cargolift, MBB-Palfinger, Erhel Hydris, Zepro, Dautel et Anteo. Nous proposons également des formations techniques VGP et diagnostic pour former vos équipes à l’inspection et au dépannage des hayons élévateurs.
Sources et références techniques
Code du travail, articles R.4323-23 et R.4323-24 (obligations de l’employeur, VGP, personnes qualifiées) · Arrêté du 1er mars 2004 relatif aux vérifications des appareils et accessoires de levage (J.O n°77 du 31/03/2004) · Arrêté du 2 mars 2004 relatif au carnet de maintenance des appareils de levage · Code des transports, articles L.3223-1 et L.3223-2 (location de véhicule avec conducteur) · Contrat type annexé au Code des transports — Annexe VIII (répartition des opérations de conduite et de transport) · ACS Prévention — Réglementation des vérifications des hayons élévateurs, cas de la location (2026) · DEKRA Industrial — Obligations VGP et responsabilité du chef d’entreprise · Conditions générales de location EVOLIS — Responsabilité VGP du locataire pour les appareils de levage